mardi 4 août 2015

Au petit soin des chaussures de madame 3


Ne considérant pas uniquement mon mari en dévoué serviteur à ma cause, mais aussi comme l'homme que j'aime, bien qu'en manque de discipline stricte, il en va de soi qu'il a son mot à dire dans le choix de mes chaussures et que son avis m'importe beaucoup. Il aura même le droit de me voir défiler devant ses yeux dans notre sélection finale.

Seulement, un tel privilège se mérite et il est bien connu que les dieux ont mis la sueur avant la récompense.

Pour étudier une aussi importante question et surtout pour constater de près les fruits de mes efforts vestimentaires, je l'attend pour débattre dans une tenu décontractée et adaptée pour satisfaire mes exigences. Par conséquence il se présentera après sa douche tout nu devant moi.

Tout nu, excepté de blanc gants en coton que j'exige de lui pour toucher mes précieuses chaussures.

Car et ceci est le premier inconvénient de notre cérémoniel du lundi, mon homme a tendance de transpirer fortement à la vue de mes jambes gaines de bas et chaussées de hauts talons. S'ajoute que moi aussi j'aie envie de me mettre à l'aise pour mes essayages. Nous sommes entre époux et Édouard ne voit aucune objection que procède en bas et guêpière. Je me passe de culotte pour mieux mettre en valeur ce qui se cache en dessous.

Mon pubis aux poils taillés très courts, façon d'un gazon anglais, en forme de couronne pour me donner une allure royale.

Mais hors de question pour mon prince d'y mettre son sceptre quand bon lui semble. Totalement imberbe pour sa part sur mon initiative, il a dû apprendre que dans notre ménage la présence de poils office comme signe d'autorité. C'est celle qui porte les poils qui tient le manche et c'est celui qui s'affiche glabre comme une statue grecque qui le reçoit les lanières sur ses fesses quand il n'est pas à la hauteur de ce qui lui est demandé.

Quant à mon entrejambe, juste à la bonne hauteur pour les yeux de mari qui se trouve à genoux devant moi pour mieux pouvoir m'aider à enfiler mes escarpins, j'affiche une peau lisse et soigneusement huilée pour l'occasion. Voila qui évite ses incessants regards d'antan pour guetter la moindre trace d'humidité naturelle.

Il lui est strictement interdit d'y toucher sous peine de perdre son droit de masturbation que je lui accorde de temps en temps.

C'est un sujet qui le gêne hautement et qu'il ne souhaite pas abordé à vive voix. Mon mari - malgré sa férocité au travail - est avant tout un homme tendre et romantique. Il n'est pas fier de ses vilains penchants et souhaiterais en finir sincèrement avec ses habitudes de lecture à une main, prises pendant son adolescence. Nous y travaillons durement et ses progrès sont considérables. Malheureusement il y avait encore des rechutes. Il est bien connu qu'une éducation très stricte puisse montrer des effets secondaires.

C'est le retour du bâton qui active la fanatise de nos grands garçons sous la couette.

D'où mon idée de structurer ses heures de loisir pour empêcher l’oisiveté à s'installer et aussi pour créer une fatigue saine. Voila qui explique la mise en place de notre rituel du lundi. Qui d’ailleurs n'est que le début de toute sorte d'activés de mon homme et qui pourraient se résumer significativement sous l’appellation :

Les douze travaux d'Hercule

C'est mon esthéticienne qui m'a donné l'idée en me disant un jour en présence de mon mari :

Je vous le rend aussi lisse qu'une statue grecque !


14 commentaires:

  1. Merci pour cette belle suite dont le petit paragraphe sur la masturbation ouvre peut-être la voie à de futurs récits. Il me parait en effet primordial que la jouissance du monsieur ne puisse s’accomplir qu’avec le consentement de la dame. C’est, je crois, une tâche bien délicate pour elle de doser les récompenses. Pour prendre mon exemple, il suffit que ma compagne se montre un peu trop généreuse, et me voilà qui manque d’entrain à la tâche, qui me permet de lever le ton ou de me montrer insolent. Si elle laisse un peu trop traîner les choses, je suis certes empressé à la servir mais un peu trop collant et obsédé et derrière le monsieur bien élevé on voit vite se profiler le mâle en rut, un peu trop parfait pour être honnête ou du moins désintéressé. Parfois donc, la masturbation s’impose mais je trouve normal que cela se passe exactement de la manière qu’a choisie madame qui peut décider d’un rapide mais salutaire tour au toilette ou d’un spectacle devant elle (spectacle qu’elle peut d’ailleurs feindre d’ignorer « déshabille toi et soulage-toi ici, j’ai besoin de travailler tranquille » peut-elle dire les yeux river sur son écran puis les relevant quelques instants plus tard se fendre d’un « déjà fini ? tu es encore plus rapide qu’un adolescent frustré » avant d’ajouter sur un ton bienveillant : « allez rhabille-toi et va me préparer un café, Amour »

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    1. Merci pour votre commentaire cher Arthur. Comme d'habitude j’apprends beaucoup sur le sujet. Je n'avais jamais pensé à envoyer un monsieur trop insistant aux toilette pour se calmer, mais n’empêche cela se tient bien. L'idée me plaît beaucoup tout comme aussi la dame qui invite le monsieur à se masturber devant elle pendant qu'elle travaille. Il en va de soi que j'aimerais faire quelques textes sur le sujet de la masturbation masculine, peut-être tout simplement parce que le fonctionnement d'un monsieur un bonne santé et vigueur ma me plaît particulièrement. Puis je suis friande sur les confidences datant de l'adolescence de nos grands garçons et leurs habitudes de vilaine main, enfin pas une simple description d'un acte, mais les fantasme y associés...

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    2. Oui, il y a un moment où le monsieur doit se calmer. A la dame de déterminer quand cela devient nécessaire, ce qui ne veut pas dire qu'il faille toujours y accorder une grande importance. Il doit garder en tête qu'il n'y a pas de quoi être fier de prendre du bon temps tout seul. Son rôle est avant tout de contenter son épouse (celle-ci peut d'ailleurs s'abandonner au plaisir avec ou sans son aide, et en l'autorisant ou non à jouir car un monsieur bien éduqué ne doit jamais confondre sa compagne avec une dame de compagnie : sous la couette comme ailleurs, c'est lui qui est à son service et non l'inverse). Pour ma part, j'ai eu besoin de l'aide ma compagne pour mettre fin à ce gaspillage d'énergie qui n'était plus de mon âge. J'en suis ravi, ce qui ne signifie pas que je ne repense pas avec nostalgie à ces moments où je découvrais le plaisir. Adolescent, j'avais mis la main sur un livre de poche, caché au fond d'un placard, qui regroupait les témoignages des lecteurs et lectrices du magazine Union. Encore naïf, je croyais à la véracité de ces histoires - probablement écrites en réalité par les rédacteurs du magazine. J'en ai gardé le gout des histoires érotiques et j'hésite parfois à commander cet ouvrage sur internet (je l’ai retrouvé !) pour pouvoir le relire. J'ai désormais conscience que ce livre était fort mal écrit et souvent ridicule mais je sais qu'il me ferait encore énormément d'effet car j'ai forgé de puissants fantasmes autour de ces récits, en particulier ceux mettant en scène des femmes dominantes. Un livre semblable ne m’intéresserait plus aujourd'hui mais ce livre en particulier m'exciterait toujours, exactement comme ces hommes qui passé un certain âge recherchent les exemplaires des magazines qu'ils ont feuilletés adolescents. Ils ne veulent pas voir des femmes nues mais revoir les images de leurs premiers émois. Dans sa magnifique BD "play boy", Chester Brown évoque cela avec beaucoup de talent. Un livre très subtil et psychologique que je vous conseille si vous vous intéressez à ce qui se passe dans la tête des jeunes hommes qui découvrent – parfois comme lui avec beaucoup de culpabilité – les plaisirs solitaires http://next.liberation.fr/sexe/2013/09/23/chester-brown-acceder-a-la-pornographie-aujourd-hui-ce-n-est-plus-la-meme-aventure_932871

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    3. Vous avez réussi comme souvent de bien mettre en mot ce qui me plaît dans les témoignages de grands garçons, cher Arthur. Évidemment je suis plus intéressée par le contexte dans lequel était acheté un magazine, les craintes d'être vu par une voisine, un commentaire de la vendeuse, le sentiment de culpabilité etc au lieu de connaître un fantasme masturbatoire tout cru. Peut-être est-il plus facile de trouver de telles confidences dans les rencontres réelles à certaines heures pales de la nuit comme disait Léo Ferré. Sur le net il me semble bien souvent que les détails sur le fantasme emportent sur la touche humaine. Je prends bonne note de votre lien qui est fort éloquent et correspond parfaitement à mes recherches.

      Ps : Je crois connaître l'ouvrage auquel vous faites allusion. Peut-être s'agit-il d'une édition de 1980 environ. J'ai appris le français en fait en lisant d'abord deux livres de Simone de Beauvoir, puis ce « best of Union »...

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    4. Double hasard que vous connaissiez ce livre et que par ailleurs vous citiez Léo Ferré dont j'aime les chansons depuis l'adolescence. Pour en revenir à ce livre "Confessions érotiques 78 témoignages brulants" que je viens finalement de commander avec l'assentiment de ma compagne, il date bien des années 80 et en faisant quelques recherches, j'ai découvert que la teneur des courriers publiés par Union avait fait l'objet d'un très sérieux article de Béatrice Damian-Gaillard intitulé « Le courrier des lecteurs et des lectrices d’Union : scripts culturels de l’amour sexuel » (Le temps des médias n° 19). L'auteure y observe que « Le langage mobilisé pour exprimer l’échange sexuel évolue fortement entre 1985 et 2011 (…)En 1985, on se réfère au sexe biologique essentiellement par l’emploi de termes comme vagin, verge, pénis, sexe, testicules, éventuellement par des métaphores poétiques comme mont d’amour; alors qu’en 2011, on parle de chatte, bite, queue, couilles, pompe à sperme…En 1985, on se réfère aux pratiques sexuelles par des termes médico- techniques tels que fellation, sodomisation, masturbation… En 2011, il s’agit d’enculer, de branler, de sucer… L’imitation des conventions ne se limite pas seulement au langage, mais s’étend à l’ensemble du script sexuel, et peut aller parfois jusqu’à là caricature. » Cet article par ailleurs fort intéressant qui analyse le contenu des courriers dans une perspective de genre, poursuit en quelques sortes les réflexions féministes de Simone de Beauvoir et montre une certaine continuité dans le choix de vos lectures qui de premier abord ne sautait pas aux yeux. J’imagine toutefois la lecture de ces courriers plus distrayante que celles de la philosophe. Et pour ma part, j’espère que quand je demanderai humblement à ma compagne l’autorisation de lire comme jadis un courrier d’Union d’une seule main, elle ne décidera pas de me faire lire du Beauvoir à la place. J’aime bien qu’elle soit sévère mais là ce serait du pur sadisme : « si tu veux de détendre, Arthur, tu as le droit mais à condition que ce soit en lisant à haute voix un chapitre du Deuxième sexe » Hum hum…

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    5. Ah, on ne parle pas du même livre alors, cher Monsieur Arthur, le mien datant de 1982 s'intitule: 10 ans de courrier des lecteurs. Ceci dit vous ne ratez rien, c'est un ouvrage assez médiocre et incomparable avec le courrier des lecteurs dans mon adolescence en Allemagne. Moins « sex » certes, mais en évoquant des situation de plus cocasses.

      Merci pour cet intéressant extrait sur l'évolution du courrier des lecteurs au fil des décennies. J'aime beaucoup ce genre d'études.

      Enfin, concernant Simone de Beauvoir, je dois vous dire que j'adore cette dame et ses écrits. Mais c'est vraiment trop girlie peut-être pour plaire à une homme. Toutefois j'ai chopé un fou-rire en lisant votre suggestion de punition. Lire Simone à haute voix, c'est mieux encore qu'une lecture de Rousseau à haute voix. Décidément vous ne manquez pas d'imagination !

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    6. Bonjour Isabelle, et Mr Arthur,

      C'est juste. La société a sacrément évolué en presque 30 ans. Les années 1980 sont marquées par l'apparition du Sida dans les relations entre partenaires et les références en restent à consonance médicales. Et 1985 en reste une année-charnière dans ce domaine.
      Passé le cap de l'an 2000, tout semble s'accélérer et le monde a tendance à se replier sur lui-même. D'où le fait de revenir à des termes plus crus , en matières de sexe. Enfin ,c'est mon point de vue. Les références classiques sont revues et discutées, alors qu'elles furent longtemps acceptées... Société en effervescence ?
      Mac-Miche.

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    7. Et si le vocabulaire était aussi un phénomène dû à ses fréquentations ? Entre le médicale stérile des années 80 et la vulgaire de nos jours, il me semble que bien de blogueur sont à la recherche d'expressions disons plus jolies...

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    8. Bonjour Isabelle

      Il y a du vrai dans ce que vous dites. Le langage, avantage inné de l'homme sur la nature, évolue selon les origines, le lieu et la culture. L'argot est une forme populaire locale de la langue officielle selon les régions. Certaines expressions ou mots traversent le temps, d'autres disparaissent...
      Je regardais hier soir sur FR3 l'émission sur la décennie des années 1980. Rien qu'en musique, on y a assisté dés lors à une grande diversité de chanteurs et de genres. Aux grandes vedettes confirmées des années 1970, succèdent des interprètes quasi inconnus dont les titres atteignent vite le haut du classement. Les chansons sont presque "jouées" pour la plupart , un peu comme un "ciné musical". L'ère des clips est lancée. Et ça plait. Et les chansons ressemblent parfois à des paris entre artistes .
      Leur contenus peuvent être drôles ou légers, mais sans prises de tête...Exceptés certains groupes qui parlent de problèmes plus graves. De nos jours, la chanson française a perdu cette fraicheur et cette "insouciance" artistique de cette époque.
      Leurs textes sont plus sérieux. Enfin à mon avis. Et dans la jeune génération de chanteurs, personnellement, j'ai du mal à m'y retrouver... Il est vrai que cette décennie 80's est celle de ma vie de jeune adulte. On reste très sensible aux musiques qui ont "bercé" son adolescence. Enfin, pour moi, en tout cas.
      ( Je m'écarte encore une fois de notre sujet favori. Mille excuses, Isabelle)
      Mac-Miche.

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    9. Bonjour, chère Isabelle et cher Mr Mac Miche. Pour l’auteure de l’article que je citais : « Les transformations de la rubrique [du courrier des lecteurs] depuis sa création en juillet 1972, tant au niveau de la forme que de ses contenus, sont révélatrices des changements sociaux, politiques et culturels en France concernant la sexualité, mais aussi des évolutions de ce secteur de presse, d’une reconfiguration des frontières entre presse de charme et presse pornographique ». L’auteure à qui il n’échappe pas que les courriers sont des constructions dans la mesure où « les journalistes sélectionnent les lettres à publier, font un travail de réécriture partielle, en se référant à la ligne éditoriale du journal, à son positionnement sur le marché de la presse pornographique, et interagissent avec les auteurs » et c’est dans cette perspective qu’elle analyse l’évolution du langage employé. Selon elles les transformations qui s’opèrent au niveau des mots utilisés s’ « expliqu[ent] en partie par l’évolution du secteur concurrentiel dans lequel se situe le magazine (…) [qui] subit, à partir des années 2000, la concurrence de sites Web, d’autant plus féroce que certains offrent aux internautes la consommation gratuite de contenus X. » On peut y voir un appauvrissement mais il ne fait pas oublier les sites qui comme cotre blog proposent un espace d’expression davantage stimulants que les courriers des lecteurs d’Union qu’ils datent des années 80 ou 2000. La modernité numérique pousse certes le courrier d’Union vers la vulgarité lorsqu’il cherche à concurrencer les sites P mais cette même modernité numérique nous offre aussi la possibilité de lire sur les blogs personnels des internautes des textes plus sincères, imaginatif et moins stéréotypés avec en prime la possibilité d’échanger comme ici dans les commentaires. Comme quoi, on a beau être nostalgique, le présent a parfois du bon, non ?

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    10. Pour monsieur Mac-Miche :

      Je pense que surtout les années 70 étaient une vraie prise de tête niveau chansons, cher Monsieur Mac-Miche. Pensez aux chansons dites engagées. Au lieu de distraire le public, il fallait faire passer un message.
      Pour ma part je suis peu au courant de la musique moderne à part ce qui concerne les enfants comme la chanson de la reine de neige par exemple. Et- on s'en doute- j'adore la musique pour danser où tout le monde s'en tape des paroles...rire !

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    11. Pour Monsieur Arthur

      Pour ma part je suis peu nostalgique cher Arthur. J'ai une vie qui me demande d'être présente dans l'instant, mais j'aime beaucoup regarder les évolutions au fil du temps en bien de matières. Par exemple en l’Allemagne de mon enfance et adolescence la notion du charme était bien large et la p était réservé à ce qui était très explicite, veut dire où en voyait précisément ce qui se passe.

      Je vous remercie pour votre gentille appréciation de mon blog. Je trouve que le net est une invention fabuleuse qui permet aux personnes qui aiment écrire à éditer leur propres textes sans faire des concessions. Le net permet également d'aborder des sujets délicats et d'échanger avec d'autres personnes en restant chacun et chacune dans leur virtualité....

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  2. Bonjour Isabelle,

    Vous avez certainement entendu cette phrase : "tu gagneras ton pain à la sueur de ton front".
    Dixit le Créateur au premier couple humain chassé du Paradis Terrestre.
    Au ton de votre récit, vous semblez y avoir merveilleusement réussi par vos directives.
    Votre compagnon garde une grand maitrise de soi entre désir et raison. Les enfants terribles de notre conscience. "l'Amour donne des ailes" et permet aussi de se surpasser. Et "la volonté déplace les montagnes". Saluons cet exploit. Chapeau bas, l'Artiste !!
    La philosophie de " l'amour dans l'effort". Beau programme.
    Mac-Miche.

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  3. Effectivement il semblerait que l'amour donne des ailles. Papa Freud (encore lui!) parlait dans sa manière peu poétique de l’énergie libidinale et de ses transformations. Ceci dit, cirer les chaussures n'est pas un tache insurmontable. Rire. Je sais très bien le faire et je sais de quoi je parle. Enfin, j'aime beaucoup l'effort comme en ce moment deux heures de marche en montagne par jour...

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