Il
faut se rendre à l'évidence que la pulsion sexuelle de certains
grands garçons s'impose avec une telle force qui leur semble rendre
impossible toute maîtrise sans aide extérieure.
La vielle sagesse féminine qui part du
principe que les garçons ont plus besoin de discipline que les
filles, me parait donc justifiée dans ces cas-là. Et comme nous
apprend l’histoire, cela fait des milliers d'années que certains
hommes se languissent d'une ferme main féminine.
Même
l'esprit le plus brillant reste impuissant devant ses tentations.

Je pense notamment à Aristote, qui -
du moins selon la légende - est l'ancêtre le plus connu de ces
grands garçons qui ont développé tout une monde fantasmatique pour
endiguer leurs embarrassantes pulsions. Notre grand philosophe s'est
fait chevaucher par une magnifique jeune dame du nom Phyllis sous les
yeux amusés du jeune Alexandre qui n'a pas encore acquis son surnom
le Grand.
Sur un point théorique, pour élucider
cette énigme de la nature humaine, Freud supposa alors qu'il existe
un domaine au fond de nous qui échappe à notre conscience, aux bons
arguments de notre raison, en l'appelant l'inconscient avec comme
force agissante la satisfaction de notre désir. Cette force s'oppose
avec ténacité à la volonté. Elle peut quand le terrain est
favorable, veut dire si la personne n'arrive pas à trouver un
compromis acceptable pour la satisfaire, entre en conflit avec
l'idéal de soi. Cet idéal décrit en gros ce que l'on aimerait être
au lieu de ce que l'on est. Évidement il n'est pas facile de
devenir son propre idéal. Mais il y a des moyens de s’approcher.
Comme disait Freud avec beaucoup de perspicacité, c'est la capacité
de différer une pulsion qui augmente l'estime de soi. Par contre,
s'il y a échec, il se peu que les propres fantasmes peuvent être
vécus par un grand garçon comme source d'affaiblissement de
l'estime de soi. Il fait tout pour limiter ses fâcheuses tendances.
En vain !
En
fin de compte il doit reconnaître que seul il n’arrivera à rien
dans ce combat à armes inégaux.

Voila donc un terrain de plus propice
pour la discipline conjugale qui elle justement consiste dans un
apprentissage quand, où et comment une pulsion peut être satisfaite
et quand il faut la différer. Elle sait que manque de discipline se
manifeste par le fait de mettre les impératifs de la vie quotidienne
de côté pour se consacrer à la satisfaction d'une pulsion au
mauvais moment. Que ce soit la vilaine main ou les soirées entre
copains, le résultat est le même. Un mécanisme néfaste qui peut
déstructurer le quotidien d'un grand garçon. Certains en sont
conscients, mais faute de compagnie dynamique, décidée de leur
inculquer un changement de comportement, ils n’arrivent pas à se
relever.
C'est en acceptant un coup de main
salutaire que les choses peuvent bien s'arranger. Moralement
peut-être critiquable, une telle pratique contribue à un équilibre
psychique dont profitent certains messieurs et ne pas les moindres
qui se rendent régulièrement chez une disons... éducatrice pour
grand garçons. Pendant un long moment de l'histoire ils avaient les
maisons spécialisées en éducation anglaise à leur disposition.
Enfin, ô combien il serait agréable
pour bien de grands garçons de tomber sur une épouse
compréhensive
qui leur prête main forte dans leur combat avec leurs vilaines
pulsions. Désormais ce sera la dame qui décidera de la
satisfaction.
Elle
distribuera de bon points pour récompenser, mais ne manquera pas de
sévérité pour punir l'écart du bon chemin.
C'est encore la nature qui indiquera au
grand garçon que ce chemin est le bon. Il ressentira un fort effet
libidinal pendant ses punitions. C'est le corps lui-même qui
approuve que ce que lui arrive n'est que justice. De l'autre côté
quelle fierté éprouve notre grand garçon qui arrive au bout de sa
semaine sans avoir fauté. Félicité par sa dame, il sera dignement
récompensé.
L'avantage
de ce procédé est simple !
Il met une fin aux ruminations sur le
bien-fondé de ces fantasmes, car partagés par la dame et apaisés
par un judicieux système de récompense et de punition fondé sur le
mérite ! L’énergie se portera désormais sur la réalisation
de taches concrètes qui deviennent ainsi la raison sine quoi non de
toute satisfaction pulsionnelle.