mardi 8 mars 2016

Dompter la nature du mâle



Il faut se rendre à l'évidence que la pulsion sexuelle de certains grands garçons s'impose avec une telle force qui leur semble rendre impossible toute maîtrise sans aide extérieure.

La vielle sagesse féminine qui part du principe que les garçons ont plus besoin de discipline que les filles, me parait donc justifiée dans ces cas-là. Et comme nous apprend l’histoire, cela fait des milliers d'années que certains hommes se languissent d'une ferme main féminine.

Même l'esprit le plus brillant reste impuissant devant ses tentations.

Je pense notamment à Aristote, qui - du moins selon la légende - est l'ancêtre le plus connu de ces grands garçons qui ont développé tout une monde fantasmatique pour endiguer leurs embarrassantes pulsions. Notre grand philosophe s'est fait chevaucher par une magnifique jeune dame du nom Phyllis sous les yeux amusés du jeune Alexandre qui n'a pas encore acquis son surnom le Grand.

Sur un point théorique, pour élucider cette énigme de la nature humaine, Freud supposa alors qu'il existe un domaine au fond de nous qui échappe à notre conscience, aux bons arguments de notre raison, en l'appelant l'inconscient avec comme force agissante la satisfaction de notre désir. Cette force s'oppose avec ténacité à la volonté. Elle peut quand le terrain est favorable, veut dire si la personne n'arrive pas à trouver un compromis acceptable pour la satisfaire, entre en conflit avec l'idéal de soi. Cet idéal décrit en gros ce que l'on aimerait être au lieu de ce que l'on est. Évidement il n'est pas facile de devenir son propre idéal. Mais il y a des moyens de s’approcher. Comme disait Freud avec beaucoup de perspicacité, c'est la capacité de différer une pulsion qui augmente l'estime de soi. Par contre, s'il y a échec, il se peu que les propres fantasmes peuvent être vécus par un grand garçon comme source d'affaiblissement de l'estime de soi. Il fait tout pour limiter ses fâcheuses tendances. En vain !

En fin de compte il doit reconnaître que seul il n’arrivera à rien dans ce combat à armes inégaux.

Voila donc un terrain de plus propice pour la discipline conjugale qui elle justement consiste dans un apprentissage quand, où et comment une pulsion peut être satisfaite et quand il faut la différer. Elle sait que manque de discipline se manifeste par le fait de mettre les impératifs de la vie quotidienne de côté pour se consacrer à la satisfaction d'une pulsion au mauvais moment. Que ce soit la vilaine main ou les soirées entre copains, le résultat est le même. Un mécanisme néfaste qui peut déstructurer le quotidien d'un grand garçon. Certains en sont conscients, mais faute de compagnie dynamique, décidée de leur inculquer un changement de comportement, ils n’arrivent pas à se relever.

C'est en acceptant un coup de main salutaire que les choses peuvent bien s'arranger. Moralement peut-être critiquable, une telle pratique contribue à un équilibre psychique dont profitent certains messieurs et ne pas les moindres qui se rendent régulièrement chez une disons... éducatrice pour grand garçons. Pendant un long moment de l'histoire ils avaient les maisons spécialisées en éducation anglaise à leur disposition.

Enfin, ô combien il serait agréable pour bien de grands garçons de tomber sur une épouse
compréhensive qui leur prête main forte dans leur combat avec leurs vilaines pulsions. Désormais ce sera la dame qui décidera de la satisfaction.

Elle distribuera de bon points pour récompenser, mais ne manquera pas de sévérité pour punir l'écart du bon chemin.

C'est encore la nature qui indiquera au grand garçon que ce chemin est le bon. Il ressentira un fort effet libidinal pendant ses punitions. C'est le corps lui-même qui approuve que ce que lui arrive n'est que justice. De l'autre côté quelle fierté éprouve notre grand garçon qui arrive au bout de sa semaine sans avoir fauté. Félicité par sa dame, il sera dignement récompensé.

L'avantage de ce procédé est simple !

Il met une fin aux ruminations sur le bien-fondé de ces fantasmes, car partagés par la dame et apaisés par un judicieux système de récompense et de punition fondé sur le mérite ! L’énergie se portera désormais sur la réalisation de taches concrètes qui deviennent ainsi la raison sine quoi non de toute satisfaction pulsionnelle.


11 commentaires:

  1. Bonjour Isabelle

    Dompter la nature (indocile ?) du mâle est le rêve de toute (bonne ?) épouse. Et les moyens ne manquent pas: contrainte, sublimation, récompenses... Et en cela les maîtresses excellent en la matière.
    Ces illustrations montrent que le profond désir de certaines des dames du temps jadis était de maitriser les "instincts naturels" de leurs amants afin de les canaliser pour mieux servir leur propre personne. Visiblement. Autres mœurs, autres temps !
    Ces illustrations semblent dater d'autour de l'époque de la Renaissance, un tournant artistique pour l'Europe et riche en artistes. La seconde image coloré me fait penser au style de Cranach. Ce sont surtout des "eaux-fortes" semblent-il, et peut-être une gravure sur bois (en dernier (?). C'est proche du style de Dürer (graveur allemand de cette époque). Merci pour ce petit tour d'horizon.
    Mac-Miche.

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  2. Bonjour Isabelle,

    Vos illustrations me rappellent le triomphe de la reine Omphale, cette mythique souveraine qui réussit avec charme et ruses à asservir le demi-dieu Hercule.
    Dans l'Antiquité, les Grecs et les Romains rendaient un culte à la Femme libre et audacieuse par l'intermédiaire de la déesse Artémis et de Diane dans le panthéon romain. Elles étaient déesses de la Chasse et un peu les pendants féminins des dieux Arès et Mars, dieux de la Guerre, chez Grecs et Romains. Avaient-ils éprouvé déjà le besoin de "soumission" présent et enfouis chez certains d'entre eux.
    Mais, dans ces deux sociétés , la femme était aussi la gardienne du foyer et la mère nourricière. En cela, elle était l'égale de l'homme, du moins c'est ce qu'il en ressort des études sociétales. Mais le chemin est encore long visiblement...
    Dans un registre plus léger, la BD évoque furtivement un banquet romain tournant au désordre dans une page des albums d'Astérix. Si je ne me trompe pas, il s'agit de l'album intitulé: "Astérix chez les Helvètes". Mais à vérifier.
    Mac-Miche.

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  3. Je ne suis pas une spécialiste de la peinture, cher Monsieur Mac-Miche. J'ai trouvé ces illustrations sur un site russe et même avec la traduction google, il n'y avait pas moyen de trouver les noms des artistes. Enfin je n'ai pas fait des grandes recherches non plus. Rire ! Pourtant quand à l'écriture je suis plutôt très méticuleuse pour citer les sources. Vous avez raison pour Cranach. En cherchant pour Dürer je me suis aussitôt perdu dans ses traites sur la géométrie.

    Ceci dit la redécouverte d'Aristote marque pour moi la fin du moyen âge et la volonté de se tourner vers la science pour abandonner les dieux. Je ne sais pas si les dames à Rome avaient une belle vie. Il paraît que l'on ne faisant pas de distinction entre les sexes, mais entre actif et passif. Par conséquence les dames se trouvaient au même niveau que les esclaves . N'oublions pas non plus que le pater familias avait le droit de vie et mort sur sa femme, ainsi que ses enfants. Et surtout n'oublions pas que la discipline domestique est étymologiquement une pratique des beaux quartiers, car le domus désigne une maison cossu et se distingue de l'insula qui désigne un HLM de l'époque.

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  4. Bonjour Isabelle

    De ce côté-ci du Rhin, on clôture la période du Moyen-Age par la bataille de Castillon (petite commune du Lot-et-Garonne/ Gironde) en 1453 qui marqua la fin de la Guerre de Cent ans.
    Souvent, les études historiques citent la société grecque antique comme inventeur de la démocratie mais d'après certaines sources, n'y participaient que les hommes libres uniquement, en étaient exclus femmes, esclaves et étrangers aux cités. Le pouvoir par le peuple certes, mais en nombre très restreint. Curieuse liberté de parole.
    Très juste quant à la toute puissante autorité du père de famille.
    En classe, au collège,en initiation au Latin, on avait étudié un court texte sur la famille. D'ailleurs, le mot "férule" date de cette époque. Je plains les gens de cette époque mais la notion de tolérance n'était pas à l'ordre du jour. Tout était suspendu au bon vouloir du prince en quelque sorte.
    Mac-Miche.

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  5. Ne ne nous comprenons pas à côté cher Monsieur Mac-Miche. La science que ce soit l'histoire ou autre est internationale. J'avais tout simplement exprimé une pensée personnelle. Toutefois se révèle ainsi la différence entre science humaine et science naturelle. Définir arbitrairement la fin d'une période se réfère en fin de compte à une opinion tirée d’observations. Tandis que dans la science naturelle nous tombons sur des lois de la nature qui sont peut-être la seule vérité objective en ce monde. Effectivement la démocratie grecque était réservée à une élite, encore choisi arbitraient. Depuis leur conception la démocratie évolué. Ce qui n'enlève rien au mérité de l'avoir instauré dans une première version. Ceci dit je pense que pour le citoyen lambda chez les romains ou de nos jours reste loin de qui se décide en politique. Par contre nous avons un progrès de technique phénoménal et qui nous rend la vie bien agréable...

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  6. Bonsoir Isabelle,

    En effet, les définitions sont toujours arbitraires et sont susceptibles d'évoluer au fil des évènements. Nous avons chacun/chacune nos opinions sur ce qui nous entoure...
    Mais l'Homme a besoin de repères pour comprendre. "Cogito ergo sum" comme dirait l'autre.
    Et loin de moi l'idée de vous contredire évidemment.
    Mais les lois naturelles n'obéissent qu'à elles-mêmes et l'homme par l'apport de la science tente de les comprendre pour mieux les dompter ou s'en prémunir. Je pense en particulier aux catastrophes liées aux séismes et les tentatives de les prévoir et ainsi éviter des drames humains. Bref. Mais l'homme fait lui aussi partie du cycle de la nature comme l'affirment certaines sagesses orientales. Mais il a su avec brio se distinguer du lot par son esprit industrieux.
    Comme le disait une phrase en conclusion d'une Histoire de l'Homme:
    "En façonnant ce biface, l'Homo Habilis préparait déjà la fusée Apollo !".
    Mac-Miche

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  7. Oh là là! En me relisant je constate toutes les fautes de mon commentaire. En fait mon clavier ne suit pas la rapidité de mes frappes, il manque donc des lettres et même des mots. Pourtant j'ai réglé mon clavier sur la vitesse maximale.

    Enfin, je voulais dire que l'homme a surtout besoin de repères pour se rassurer. Il est ô combien plus rassurant de laisser parfois les rênes à la dame et même le grand Aristote n'en fait pas exception.

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  8. Bonsoir Isabelle,

    Ne vous inquiétez pas ! Vous êtes un peu comme Lucky Luke: vous pensez plus vite que vous n'écrivez. Rires.
    Comme moi, vous concluez que l'Homme a besoin, cartésien invétéré de bases solides dans ses investigations pour se rassurer. A l'image de Saint Thomas,l'Incrédule,lors de la Pentecôte.
    Mais de temps à autre, cela peut être reposant de s'en remettre au bon vouloir de ces dames. Ne sont-elles pas nos égales ?
    Mac-Miche

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  9. Oui Saint Thomas me paraît comme un excellent représentant du bon sens et un précurseur du scientifique. Il me semble savoir que bien de personnes prennent leurs désirs pour une réalité. Il passe donc (vrai ou pas l'ensemble de l'histoire biblique peu importe) par une vérification par le biais des sens, voir et toucher notamment. Se basant sur le résultat de ses observations. Il rejoint donc l'essence de Descartes qui est le doute « de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie » et de se baser sur son propre jugement. En lisant cette histoire j'ai toujours l'impression que l'on a essayé de discréditer ce brave Saint Thomas... rire !

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  10. Bonjour Isabelle,

    Malgré son scepticisme, Saint Thomas a tout de même apporté l'enseignement du Christ jusqu'en Inde actuelle, vers le milieu du 1er siècle de notre ère, d'après l'hagiographie officielle. Preuve, s'il en est, de sa foi fervente. Et il paya cette "audace" de sa vie. Mais en ces temps de persécutions... Bref.
    D'ailleurs, dans le langage courant, il n'est pas rare de se faire appeler "St Thomas" quant vous n'approuvez pas les dires de votre entourage ! De même, il reste dans le langage l'apôtre le plus connu avec Judas, bien connu pour son rôle joué dans la Passion du Messie.
    Désolé,je digresse comme à mon habitude... Hors-sujet !!! me disait-on au Lycée !
    Mais la curiosité de certaines personnes et certainement leurs fortes personnalités ont contribué à ne plus craindre les évènements et les gens qui nous entouraient. Dépasser ses peurs reste la première étape pour l'avancée de la science : La paratonnerre de Franklin, la domestication du feu des premiers hommes vers un million d'années, près de Marseille...
    Il est vrai que l'Eglise avait gardé jusqu'à la Renaissance (merci François 1er !) la haute-main sur les connaissances. Contrairement aux deux autres religions monothéistes qui pratiquaient au Moyen-Age des autopsies, en Europe, les autorités religieuses y mirent leurs vétos et menacèrent simplement d'excommunication tous ceux et celles qui osaient enfreindre cet "interdit".
    Et l'avènement du Protestantisme en Europe (appelé aussi RPR)dans sa remise en cause du confort financier des hauts prélats a certainement
    comme un jeu de dominos, bousculé les théories religieuses en matière de connaissances. Rappelons nous de la toile du maitre Rembrandt intitulée : la leçon de médecine. Enfin, tout cela relève de l'hypothèse...
    (Oui, je digresse. Et je m'éloigne de notre sujet favori. Mille excuses. Mac-Miche)

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  11. Personnellement je trouve la science plutôt pépère et reposante. C'est avant tout une recherche de la vérité sur le fonctionnement de ce monde et moins un domaine spectaculaire qui reste réserve aux ingénieurs. Je trouve compréhensible que la religion s'est opposée pendant longtemps à la science. C'est la soif de la connaissance qui fait perdre à l'être humain le paradis selon la genèse. Ce qui veut dire implicitement que ce domaine n'est pas réservé à l'être humain, mais à dieu. On peut considérer la religion comme une réponse satisfaisante au sujet de la toute-puissance à laquelle l'être humain au travers de sa croyance prend un peu part. Quant à la science elle brise les aspirations de la toute-puissance. Elle renvoie l'homme à une place ridiculement petite dans ce vaste univers...

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