Mon
mari est très ponctuel le lundi soir.
Et ceci non seulement parce qu'en cas
de retard injustifié je fais appel à sa cavalière de danse comme
il me plaît parfois d’appeler chaleureusement notre martinet
familial. Oh non, Édouard, est ponctuel ce jour-là, car la tache
que je lui réserve le titille depuis son adolescence. C'est un grand
moment de suspense pour lui. Le lundi je fais le choix de mes
chaussures pour la semaine. Et s'il souhaite y retrouver les
élégantes sandales à talons aiguilles ou les provocants escarpins
en cuir verni, sans exceptions d'attentionnés cadeaux de sa part, il
faut le mériter. Inutile de me flatter , cela ne prend pas.
Inutile aussi de recourir aux promesses.
Je
ferai des progrès plus vite, si tu mettais tes escarpins hauts avant
de chercher le martinet pour me corriger, Marie-Hélène !
Ben voyons ! J'ai l'impression que
parfois, il prend sa Marie-Hélène ouvertement pour une cruche.
J'avais essayé une fois, sans conviction, avec seul résultat de me
trouver devant mon mari sexuellement excité au point de me tacher ma
nouvelle paire de bas. Ceci dit, sans me préoccuper de sa maladresse
et surtout de mon désagrément, il a reçu une correction
particulièrement sévère dont son derrière se souvient encore.
Sans parler de sa mauvaise conscience qui s'exprime habituellement le
mieux par les petites offrandes qu'il me pose sur mon canapé pour se
faire pardonner. Je fus très touchée de découvrir un soir une
grande boite, joliment empaquetée et contenant une superbe cravache
et des cuissardes noires en cuir laqué.
Édouard
a insisté sur le côté pratique de cette matière qui se nettoie en
un clin d’œil en cas de soudain relâchement de son... sérieux.
Assez perplexe je lui ai expliqué que
je ne le trouvais pas encore assez mur pour fréquenter les maîtresse
sadomasochisme, mais en besoin d'une éducation avec des valeurs
traditionnelles comme il le convient pour un vilain grand garçon qui
rêve de tacher les habits de son épouse. Point de séances pour le
plaisir de me faire obéir, mais du dur labeur pour lui en vu de
soigner ses écarts du bon chemin. En mettant sa libido débordante
au service d'une noble cause. Il a vite compris qu'il est allé trop
loin dans ses demandes. Me parlant de ses pulsions harcelantes et
indomptables. Du long combat avec son monde intérieur. Que tout
seul il n'arriverait pas de s'inculquer une discipline pour retrouver
de solides repères dans sa vie. J'ai appris alors sur le coup qu'il
rêvait de frotter sa virilité jusqu'à la jouissance, la sienne,
contre mes jambes gainées de ces belles cuissardes toutes lisses.
C'est
fascinant à quel point l'écoute attentive réussit aux grands
garçons !
Mon mari était dans tout ses états
après sa houleuse confession. J'ai profité de la situation pour
pousser plus loin ma curiosité. En examinant d'abord lentement et
soigneusement la superbe cravache. Il s'est empressé de me dire à
quel point il me trouvait attirante avec un tel instrument en main.
Sans oublier de me sortir tout le mal qu'il pensait de notre
martinet. Un flot de mots trahissant ses arrières pensées sur la
très sévère éducation que je lui applique. Un grand garçon
touché dans sa fierté de devoir faire sien le geste de baisser son
pantalon et son caleçon à chaque fois que je décide le rappeler à
l'ordre. Il en ressortait qu'il éprouvait ce traitement comme
justifié, mais déshonorant par l'emploi d'un martinet à bon
marché. Évidement, Édouard ne manque pas de goût de luxe dont je
suis selon ses mots la plus belle preuve. Malheureusement pour lui,
je lui fis part de ma détermination de maintenir en place une équipe
qui gagne.
Tu
seras éduqué au martinet, Édouard, tant que tes fesses en auront
besoin ! La cravache n'est pas encore pour toi.
Bonjour Isabelle,
RépondreSupprimerUn sacré fétichiste, ce cher Edouard !! Que n'accepterait-il pas pour satisfaire sa maitresse et son incorrigible "vilaine manie"... Ah les chaussures féminines !!! Objet de toutes les attentions d'un monsieur !! Avec les sous-vêtements féminins , elles restent au top des accessoires fétichistes. Et cette "admiration" prend souvent racine dans l'adolescence.
Question "accessoire d'éducation conjugale", de la cravache ou du martinet, des deux lequel est le plus... noble ? Bonne question, non ?
Mac-Miche
Il n'est pas encore au bout de ses peines, ce cher monsieur Édouard. J'avais envie d'écrire une histoire fétichiste qui dénote un peu de ce que j'aie pu trouver sur le net dans ce genre. Il y aura quatre volets avec pas mal de rebondissements qui formeront le premier travail d'Hercule !
RépondreSupprimerPour répondre à votre question cher monsieur Mac-Miche, personnellement je trouve la cravache plus noble que le martinet, mais bon rien ne vaut mon attachement sentimental envers le martinet !
Comme vous avez pu le comprendre en me lisant, chère Isabelle, notre univers fantasmatique, à mon épouse et moi, est tourné vers la discipline domestique, maternelle (ou des tantes, gouvernantes etc.), ou plutôt d'une vision fantasmée de celle-ci. Nous privilégions une douleur modérée, la main ou des instruments "familiaux" (martinet de bazar, brosse à cheveux, pantoufle..) dans des postures elles aussi familiales, des actes embarrassants mais pas bien graves (toilette intime, thermomètre, suppo, lavement...) inspirés d'épisodes d'enfance, la mise au coin ou au lit, l'habillement "jeune fille de bonne famille", la posture de "paddling" scolaire, etc.
RépondreSupprimerTout ceci est enraciné dans les fantasmes du jeune homme et de la jeune femme que nous étions jadis, et qui rêvaient de se faire corriger par une "dame". Après, nous avons aussi repris le rôle de la "dame bienveillante mais un peu sévère" vis-à-vis l'un de l'autre.
Par contre, les histoires de cravache, de maîtresses dominatrices, de sadomasochisme en cuir noir, nous laissent froid. C'est un autre univers, dans lequel nous n'arrivons pas à nous projeter. Parfois même nous trouvons cela ridicule et convenu... Mais nous sommes bien conscients que nos propres fantasmes relèvent d'autres clichés!
Je vois d'ailleurs votre commentaire sur la "noblesse" de la cravache. Hé bien, justement, nous ne cherchons pas une fessée "noble". ;-)
Je ne suis pas non plus une adepte des mises en scène BDSM, cher Monsieur Pecan. J'ai envie de traiter sur ce blog la poésie de la dame sévère, mais amoureuse de son homme, plus éducatrice que dominatrice.
SupprimerPlutôt vicieuse et loin des pratiques qui font souffrir. Enfin, je cherche encore une style adapté à cet univers. J'aimerais surtout impliquer les sentiments de la dame qui mène le jeu, car malheureusement la plupart des textes de la dame sévère restent plutôt techniques...
Bonsoir Isabelle,
SupprimerJe suis tout à fait d'accord avec un récit mêlant éducation et sentiment. Il est vrai que parfois le tourment moral, imposé ou non, selon les circonstances du moment, peut déboucher sur une sorte de compromis des sentiments où alternent sensations troubles, rigueur, intentions et actions. Evidemment, la dame ne devrait pas devenir malgré elle "une fesseuse métronome" agissant de manière mécanique sans éprouver la moindre émotion. Mais vous allez surement, sur ce plan, nous surprendre avec votre verve coutumière. Mais, en écriture comme en cuisine, même les meilleures recettes demandent concentration et réflexion. Of course.
Bon WE. Mac-Miche.
On lit bien souvent que la psychologie masculine dans les jeux troubles se limite à subir toutes les caprices de la maîtresse pour gagner ses faveurs.
SupprimerPour ma part je ne crois les messieurs pas aussi primaires et bien susceptibles aux subtilités éducatives. Toutefois et je pense que là réside tout l'art d'écrire un récit captivant, cher Monsieur Mac-Miche, rien n'est possible sans écouter attentivement ce que disent les messieurs. Je prends bonne note de la notion du tourment moral qui me semble effectivement bien décrire une partie des phénomènes qui nous intéressent...
Bonjour Mr Pecan,
RépondreSupprimerJ'admire cette "harmonie fantasmatique " qui règne entre votre épouse et vous-même. Et c'est probablement, entre autre, la clé de votre longévité. Mais il y a aussi les sentiments réciproques, me direz-vous, et une bonne dose de confiance. Sinon tout cela reste du vent.
Je me retrouve tout à fait dans vos fantasmes personnels. L'éducation reçue de la part de ma Maman à la fois "mère-poule" et un brin autoritaire, en l'absence de mon père très pris par son travail, naturellement, ça laisse des traces en son "for intérieur". Surtout pour le garçon timide et rêveur que j'étais (et qu'au fond, je suis encore... bien que la réalité quotidienne se fasse cruellement sentir , personnellement. ). Bref.
Je suis bien d'accord avec votre avis sur le monde du BDSM. Je préfère l'ambiance "cosy", "à tendance "maternelle" (Rires) aux séances "Fouet" avec maitresses dominatrices et tutti quanti... Question de feeling. Mais chacun ses goûts. Je les respecte. "Des goûts et des couleurs , il ne faut pas disputer" dixit un proverbe. Sagesse millénaire.
Mac-Miche.
Comme vous cher Monsieur Mac-Miche, j'ai l'impression d'une froideur dans les relations BDSM. Moi aussi je préfère les ambiances cocon.
SupprimerExcellent petit récit comme d'habitude ! Pas trop court, pas trop long, assez excitant, bien écrit... parfait !
RépondreSupprimervessiepleure
Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog, cher Monsieur Vessiepleure et vous remercie pour votre gentille appréciation de mon texte.
SupprimerC'est fort agréable de vous lire pendant les vacances, chère Isabelle. Une première partie aussi excitante que drôle. Je me projette volontiers dans le personnage du monsieur qui offre de beaux objets à sa campagne pour être puni quand celle-ci sait qu’une simple ceinture ou le martinet du chien suffisent à l'affaire. Je me souviens d'ailleurs puisque c'est l'été d'une belle balade en forêt durant laquelle je m'étais fort mal comporté et qui m'avait valu un sévère et immédiat rappel à l'ordre. Nul besoin d'une cravache Hermes au fond du sac à dos, quelques branches ont suffi à me remettre les idées au clair. Ceci dit, à la maison, j'apprécie beaucoup voir ma compagne se saisir de la cravache dont je lui ai fait cadeau. C'est un instrument effectivement plus érotique que la brosse à cheveux en bois ou la tawse anglaise - tous deux également utilisés par ma compagne à qui je les ai offerts. Cette multiplication de cadeaux cinglants a pris fin sur ordre de ma compagne qui ne souhaite pas que notre appartement se remplisse de martinets anciens et autres cravache de collection et qui, de toute façon, privilégie généralement la règle en bois qui partage avec la brosse à cheveux l’avantage de se fondre dans le décor domestique.
RépondreSupprimerVous semblez avoir une sacrée collection d'instruments, cher Arthur. J'aurais envie de pousser ma curiosité pour savoir ce qui vous motive justement de vous montrer collectionneur à ce point. Je vous avoue que pour les martinets simples dans le temps nous les considérâmes (hélas, car c'est devenu un objet rare!) comme un objet du quotidien qui s'use et qui part à la poubelle pour être remplacé par un autre. Idem pour les cannes. Seules exception « notre premier martinet » et un strap et un paddle faits sur mesure...
RépondreSupprimerSi j'ai effectivement un tempérament de collectionneur qui va sans doute de paire avec mes penchants fétichistes, ma compagne a bien veillé à ce que je n'encombre pas de multiples instruments punitifs notre appartement (j’y mets déjà suffisamment d’objets de collection). Nous ne possédons donc que les quelques instruments dont je parlais dans mon message précédent. De façon générale, j'apprécie les objets anciens qui ont une histoire et dont la fabrication respire la qualité. C'est sans doute pour cela que je suis fier que ma compagne puisse disposer d'une tawse d’un autre temps et qui retrouve entre ses mains ses vertus éducatives de jadis. J'imagine alors volontiers quelle charmante mais redoutée professeur elle aurait pu être outre manche et cela ajoute au charme - et à la crédibilité - de la situation actuelle (moi le vilain grand garçon qui tremble devant sa maitresse, certes bienveillante mais ô combien exigeante et sévère)
SupprimerMerci pour cette réponse, cher Arthur. Je vois votre dame bien impliquée dans votre éducation. Puis vous avez une manière de mettre votre univers de couple joliment en mots. Je comprends votre attirance pour les objets de qualité et je comprends mieux encore vos soucis de crédibilité. Cette dernière est un intéressant sujet à part entière qui me semble une pierre d'angle dans l'édifice de la discipline conjugale.
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